domingo, 23 de setembro de 2018

Blaise Cendrars

Trechos de Blaise Cendrars: Un Homme En Partance (2010), de Christine Le Quellec Cottier.


Sur cette liste figure aussi l'ami Ricciotto Canudo, écrivain italien installé à Paris depuis 1901, fondateur de la revue Montjoie! à laquelle Cendrars collabore, et avec qui il rédige pourtant "L'Appel aux Etrangers" qui paraît le 2 août 1914 dans les journaux Le Gaulois, Le Figaro, Le Matin et le 3 dans L'Intransigeant. Cet "appel" s'adresse aux amis de la France reconnaissant leur dette envers elle, voulant lui offrir leurs bras: "Point de paroles: donc des actes."

Surpris de cet afflux massif d'étrangers, le gouvernement français différa leur engagement pour pouvoir gérer au mieux la mobilisation des appelés avant d'enrôler ceux qui n'avaient pu faire valoir des qualités d'aviateur, de mécanicien, de conducteur ou encore d'électricien. Leur volonté de combattre pour la France fut généralement expliquée par la conviction d'une cause commune: le peuple français risquait ce qu'eux-mêmes avaient risqué. Mais le cas de Frédéric Louis Sauser correspond mal à ce scénario officiel. Son origine ne le place pas dans un processus d'identification politique et il n'a jamais défendu un programme partisan. Par ailleurs, et bien que l'événement ait eu des conséquences fortes, l'assassinat du leader du parti socialiste Jean Jaurès, survenu le 31 juillet 1914, ne peut être considéré comme un catalyseur pour justifier l'engagement de Cendrars. La guerre lui offre la possibilité d'aller jusqu'au bout, de satisfaire la violence qui l'habite et qui le ronge. Lorsqu'il écrit à son ami Suter, en allemand, il lui explique à quel point ce choix est le bon:

Paris, den 28. August 1914.
Lieber Freund Suter,
Montag fahre ich weg. Nach dem Krieg. Als Soldat. Aviator [...]. Sonst geht alles gut, besonders die Stimmung.
[Cher ami Suter, lundi je pars. A la guerre. Comme soldat, aviateur. Mais tout va bien, en particulier le moral.]

L'ambiguïté de l'homme est ici patente dans la mesure où il s'engage du côté français mais écrit en allemand à son ami, témoignant ainsi de toutes les affinités, amicales et culturelles, qui le lient au monde germanique. Cendrars s'est nourri en langue originale des Romantiques allemands, de Goethe dont le Dichtung und Wahrheit fut l'un de ses livres de chevet. Cet imaginaire culturel est une souche de son identité, qu'il décide pourtant de jeter au feu:

Dieser Krieg [ist] eine schmerzliche Erlösung ins freie. Für mich wie ein Handschuh.

"Cette guerre est une délivrance pour accoucher de la liberté. Cela me va comme un gant", affirme-t-il toujours à Suter, alors qu'il n'a pas été intégré dans l'aviation mais au 3e Régiment de marche du Camp retranché de la ville de Paris. Le 8 septembre, il est versé, en tant que soldat de deuxième classe, au ler étranger, 3e Régiment de marche, baptisé 3e déménageur. En novembre, la troupe est déplacée sur le front de la Somme et l'été suivant, alors qu'il est devenu caporal, son régiment est incorporé au la régiment de marche de la Légion étrangère et déplacé en septembre 1915 sur le front de Champagne.

Le 5 septembre 1915 pourtant, une lettre adressée en français à l'ami bâlois et caviardée par la police militaire témoigne d'un changement de ton, du désenchantement provoqué par sa confrontation au réel:

Buvez, buvez! j'ai bu d'un seul trait une année de guerre - sans m'en apercevoir. Et n'en suis pas plus saoul qu'avant. [...] je suis plus seul et plus détaché que jamais. Il n'y a plus que des choses comme les aventures du général Suter qui m'intéressent encore - et non pas sa vie, mais les sursauts intimes de sa conscience. J'y pense souvent.

Le 28 septembre, la troupe doit s'emparer du Bois de la Crête reliant la ferme Navarin à la butte de Souain. Les légionnaires avaient commencé l'assaut trois jours plus tôt, avec l'artillerie et les gaz. Là, les gars doivent franchir un réseau de barbelés et monter à l'assaut de la tranchée de la Kultur, où un corps à corps violent a lieu. Le caporal Sauser y est atteint d'une rafale de mitraillette qui lui arrache le bras droit.

Les papiers militaires du caporal signalent son origine suisse de La Chaux-de-Fonds, précisent qu'il a les cheveux châtains, les yeux bleus, le front haut, le nez fort et le visage ovale. Qu'il est homme de lettres et que son surnom est Blaise Cendrars. La date d'incorporation, les campagnes menées, les blessures y sont indiquées, comme cette autre phrase qui reste en suspens: "folie d'après la fiche".

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Comme l'a relevé Michèle Touret, la guerre de 14-18 est une "expérience absolument incomparable, [qui] bouleverse comme nulle autre guerre l'ensemble des données de l'existence des Européens. La puissance de mort des armements, le nombre des combattants, l'alternance des offensives, au maigre résultat stratégique mais incroyablement meurtrières, les longs séjours dans les tranchées et leur misère morale et physique, ont transformé, traumatisé durablement les esprits". La Main Coupée, chronique de guerre parue en 1946, fait revivre l'horreur des tranchées, l'inaptitude des chefs et la solidarité des hommes dans la déchéance. Mais jamais le récit n'évoque la mutilation du 28 septembre 1915, bien que la grande main qui fouit le sol, tombée du ciel comme par enchantement en cette belle matinée de juin, "ce lys rouge", bras droit sectionné au-dessus du coude, en soit la métaphore. Dire la guerre est pour Cendrars un contre-sens. Le conflit qu'il ressent entre la nécessité de la catharsis par l'écriture et son impossibilité matérielle a laissé de nombreuses traces dans les archives. La Main Coupée, où il affirme s'être engagé parce qu'il "déteste les Boches", est un premier projet qui remonte à 1918, mais qu'il a rapidement abandonné. En 1916, il amorce La Grande Offensive. Quelques Villages de la Somme. Souvenirs d'un Amputé, qui reste inachevé et inédit. Pourtant, en 1916 paraît le poème La Guerre au Luxembourg qui, sous le couvert d'une comptine illustrée par l'ancien poilu Moïse Kisling, passe le filtre de la censure. Dédié à trois camarades morts, le poème joue à la guerre, la met en scène à travers l'affabulation des enfants qui renvoie peut-être de façon amère aux "Enfantines" de Valéry Larbaud dont certaines nouvelles furent publiées avant guerre, mais qui surtout laisse entendre la réalité guerrière à travers un subtil jeu de voix croisées, contrepoint à l'innocence des enfants.

Au contraire d'un Apollinaire qui versifie la guerre ou d'un Léger qui la peint, Cendrars l'éructe en 1918 en publiant J'ai Tué, qui crache son droit au meurtre légal. L'eustache à la main, il a tué, puisqu'il voulait vivre:

J'ai tué le Boche. J'étais plus vif et plus rapide que lui. Plus direct. J'ai frappé le premier. J'ai le sens de la réalité, moi, poète. J'ai agi, j'ai tué. Comme celui qui veut vivre.

Ce récit construit en phrases courtes qui scandent le rythme du combat et l'agitation de l'homme, sans lyrisme, mais avec une force descriptive et une densité factuelle surprenante, ne correspond pas aux récits des anciens combattants de l'époque: la mythologie de guerre ne tolérait pas cette affirmation du meurtre organisé. Paru le mois de l'Armistice, il est illustré de cinq dessins de Fernand Léger, l'ami retrouvé, et accompagné de l'avertissement: "le plus petit livre sur la guerre (il pèse huit grammes), mais le plus lourd". Ce poids symbolique peut aussi être lu comme le choc en retour qu'est la mutilation, après le meurtre.

Cendrars amputé est conduit à l'évêché Sainte-Croix devenu hôpital militaire, près de Châlons, avant d'être déplacé au lycée Lakanal de Sceaux pour sa convalescence. C'est dans une de ces salles de classe transformées en grand dispensaire que le poète reprend une plume et teste sa main gauche. L'écriture est maladroite, heurtée, déséquilibrée, mais il y arrive: il envoie plusieurs messages à August Suter en s'étonnant de ne pas avoir de ses nouvelles, en l'assurant de sa bonne santé après l'opération et en lui demandant d'intercéder pour qu'un de ses amis emprisonné à Mannheim puisse être libéré... II veut aussi que son ami cherche pour lui des informations sur le fameux Général Suter, le futur héros de L'Or.

Le ton est presque badin, l'humeur semble bonne, le blessé travaille. La mutilation est passée sous silence, le membre est véritablement fantôme. Pourtant, ce retour des tranchées est une période de survie et la lettre datée de Sceaux le 23 novembre 1915 laisse deviner l'ampleur du désastre:

Sie haben recht, zwei Beine u. eine Hand genügt [...] Schreiben ist noch schwer u. so werde ich in den nachsten Zeiten nicht arbeiten. Schade, denn der Wille möchte es. Alles geht gut.
[Vous avez raison, deux jambes et une main suffisent. [...] Ecrire est encore difficile et je ne vais donc pas travailler les prochains temps. Dommage, l'envie y est. Tout va bien.]

En 1938, vingt ans après J'ai Tué, paraît "J'ai saigné" dans le recueil La Vie Dangereuse, qui revient sur la période tragique de la mutilation. Ce "flashback" d'où a disparu tout héroïsme de guerre est aussi l'anticipation résignée de celle qui se prépare. Le jeune homme amputé, déplacé à l'évêché, est un "pauvre vieux" qui ne peut se résoudre à mourir. Comme dans ses lettres de l'époque, Cendrars ne se met pas en scène mais décrit l'hôpital et ses patients, ses condamnés, ses fous auxquels le lecteur s'identifie par empathie. Pourtant, le texte recompose la réalité en créant des télescopages d'identités: l'infirmière Adrienne se-rait en réalité une Madame Berger, selon un courrier conservé dans le fonds Blaise Cendrars des Archives littéraires suisses, renvoyant de ce fait au "petit berger", victime de l'autorité aveugle du général. De même, lorsque le mutilé va aider un malade qui ne parle plus, il convoque la nouvelle "Aurélia " de Nerval, où le narrateur sorti de sa propre crise veut aider un ma-lade pris de torpeur en lui chantant des chansons de village. La référence à Nerval traverse tout le récit et renforce l'association de la démence et de la guerre, dont il faut s'évader. La folie guette, et l'association macabre du moignon avec "le poupon ensanglanté d'une nouvelle accouchée" qui le fait atrocement souffrir laisse deviner l'univers de douleurs traversé en automne 1915.

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[Félicie] Devenue sa femme, c'est elle qui est appelée lorsqu'il est ramené du front amputé. Elle l'accueille aussi à Noël 1915 lorsqu'il a une permission de sortie de Lakanal, où il doit régulièrement se présenter pour ses pansements. Mais l'homme de guerre peine à trouver sa place au sein d'une famille pour laquelle il n'est pas fait. Cendrars ne veut pas de son rôle de père et, lorsque Félicie lui confirme sa seconde grossesse, il préférerait disparaître. Durant ces années de guerre, Félicie dispose de l'appartement des Delaunay partis en Espagne. Cendrars y transite sans s'installer, laissant Félicie à son nouveau rôle de mère. Le 9 avril 1916, elle accouche d'un second petit garçon, Rémy, que Cendrars ne prend pas le temps d'aller inscrire à l'état civil. Il part, il fuit, il écrit, avant de revenir.

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En une très dure confrontation à lui-même, le poète prend la plume au cours de l'été 1917, dans cette grange de Méréville, et apprend à signer de sa "main amie". Soutenu financièrement par le couturier et mécène Jacques Doucet, rencontré au cours de l'été 1916 à Paris, il entreprend la rédaction d'un "voyage dans l'hinterland du ciel" dont le titre provisoire est Aux Antipodes de L'unité et dont chaque chapitre lui sera payé au mois.

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QUELLES AVANT-GARDES, APRÈS LA GUERRE?

En 1918, la guerre se termine sur des chiffres terrifiants: plus de vingt millions de morts et autant de blessés. A cette hécatombe s'ajoute la pandémie de grippe "espagnole" qui fait en une année plus de quarante millions de victimes. A Paris, les survivants, dont des milliers de grands blessés, gazés, trépanés et mutilés, tentent de retrouver la vie civile, avec les exilés qui réintègrent la ville.

La fin de guerre n'apaise pas les consciences, au contraire. Plus que jamais ressurgit l'idée d'une imposture, d'une illusion ayant bercé les engagements. Les espoirs, les idées d'un renou-vellement apporté par la guerre se sont effondrés. Les artistes se sont confrontés à l'action et chacun cherche à repenser, redéfinir son rôle au cœur de la société. Cette instabilité, qui pour cer-tains entraîne un véritable dégoût du monde, prend forme dans divers mouvements et revues qui affichent toujours des position-nements idéologiques, quand bien même il s'agit de les détruire.

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Dès lors, qu'est-ce donc que l'avant-garde, après la guerre? Quelle est la modernité de cette époque névrosée qui a déjà vu naître tant de -ismes, dont le fameux Manifeste du Futurisme de Marinetti, en 1909? Le "nouveau" d'après-guerre est à la fois à l'intérieur et à l'extérieur du système: il se veut capable de penser hors du cadre de la doxa traditionnelle mais veut reconduire l'art dans la vie, le vivre au quotidien. Il faut donc récuser le connu et le reconnu pour expérimenter autrement, tous les jours. La démarche est ouverte, inachevée, insolite, et signale un projet qui est encore à réaliser. Rien n'y est définitif ; le fragmentaire la caractérise, et l'acceptation de la ruine déjà à l'œuvre en est sans doute l'empreinte la plus forte.


Mais:
http://docs.google.com/file/d/0BxwrrqPyqsnIQURZckNmcFJDSlE
http://11novembre2018.com/a-toute-volee/cloches-de-larmistice-maurice-genevoix
http://www.youtube.com/watch?v=RfB3KT2oYcA

quarta-feira, 19 de setembro de 2018

Uma história da guerra

Trechos de Uma História Da Guerra (1993), de John Keegan.


A política não desempenhou papel algum digno de menção na condução da Primeira Guerra Mundial. Essa guerra foi, ao contrário, uma aberração cultural monstruosa, a consequência de uma decisão inadvertida de europeus no século de Clausewitz - que começou com seu retorno da Rússia em 1813 e terminou em 1913, o último ano da longa paz europeia - de transformar a Europa numa sociedade de guerreiros. Clausewitz não foi o arquiteto dessa decisão cultural, assim como Marx não foi o arquiteto do impulso revolucionário que perverteu o liberalismo durante o mesmo período, mas ambos têm muita responsabilidade. Seus grandes livros, pretendendo ser obras de ciência, eram de fato obras intoxicantes de ideologia, apresentando uma visão do mundo não como era realmente, mas como poderia ser.

O propósito da guerra, disse Clausewitz, era servir a um fim político; a natureza da guerra, argumentava ele, era servir apenas a si mesma. Em conclusão, de acordo com essa lógica, os que fazem da guerra um fim em si mesmo terão provavelmente mais sucesso que aqueles que buscam moderar seu caráter por objetivos políticos. A paz do século mais pacífico da história europeia foi refém dessa ideia subversiva, que borbulhava e fervilhava como um vulcão ativo sob a superfície do progresso e da prosperidade. A riqueza gerada pelo século pagou, numa escala jamais vista, as obras da paz - escolas, universidades, hospitais, estradas, pontes, novas cidades, novos locais de trabalho, a infraestrutura de uma vasta e benevolente economia continental. Ela também gerou, por intermédio dos impostos, uma saúde pública melhor, taxas de natalidade mais altas e uma nova e engenhosa engenharia militar, os recursos para travar a guerra verdadeira, mediante a criação da sociedade guerreira mais forte que o mundo jamais conhecera. Em 1818, quando Clausewitz começou o manuscrito de Da Guerra, a Europa era um continente desarmado. O grande exército de Napoleão se dissolvera depois de seu exílio em Santa Helena e os de seus inimigos tinham minguado proporcionalmente. O recrutamento em larga escala tinha sido efetivamente abolido em todos os lugares, a indústria de armas entrara em colapso, os generais tornaram-se pensionistas, veteranos esmolavam nas ruas. Passados 96 anos, às vésperas da Primeira Guerra Mundial, quase todo europeu qualificado do sexo masculino em idade militar tinha uma carteira de identidade militar entre seus papéis pessoais, informando onde apresentar-se em caso de mobilização geral. Os almoxarifados dos regimentos estavam abarrotados de uniformes e armas sobressalentes para os reservistas; até mesmo os cavalos nos campos das fazendas estavam listados para serem requisitados em caso de guerra.

No início de julho de 1914, havia cerca de 4 milhões de europeus uniformizados; no final de agosto, havia 20 milhões, e muitos milhares já tinham sido mortos. A sociedade guerreira submersa irrompera armada na paisagem pacífica e os guerreiros travariam a guerra até que, quatro anos depois, não conseguissem mais lutar. E, embora esse resultado catastrófico não deva ser jogado na porta do estudo de Clausewitz, é correto ver nele o pai ideológico da Primeira Guerra Mundial, da mesma forma como temos razão em perceber Marx como o pai ideológico da Revolução Russa. A ideologia da "guerra verdadeira" foi a ideologia dos exércitos da Primeira Guerra, e o destino estarrecedor que aqueles exércitos construíram para si mesmos, graças a seu fervor para com essa ideologia, talvez seja o legado duradouro de Clausewitz.

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Quando os Estados europeus foram progressivamente impelidos a remilitarizar suas populações, em reação às forças liberadas pela Revolução Francesa, eles o fizeram de cima, e isso foi aceito com graus variados de entusiasmo. O serviço militar universal acabou sendo associado compreensivelmente ao sofrimento e à dor: houve 20 milhões de mortes na Primeira Guerra Mundial. [...] o fracasso dos esforços para atrelar dois códigos públicos contraditórios: o dos "direitos inalienáveis", inclusive a vida, a liberdade e a busca da felicidade, e o da abnegação total quando a necessidade estratégica o exige.

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No início da Primeira Guerra Mundial, a maioria dos Estados da Europa tinha alguma forma de instituição representativa e todos mantinham grandes exércitos de conscritos. A lealdade desses exércitos, reforçada impetuosamente por sentimentos nacionalistas, manter-se-ia durante os três primeiros anos da terrível provação da guerra. Em 1917, os custos, tanto materiais como psicológicos, de fazer de cada homem um soldado começaram a apresentar seus inevitáveis efeitos. Houve um motim em larga escala no exército francês na primavera daquele ano; no outono, o exército russo entrou em colapso total. No ano seguinte, o exército alemão seguiu o mesmo caminho; no armistício de novembro, em sua volta para casa, o exército se desmobilizou e o Império germânico foi jogado na revolução. Tratava-se do resultado quase cíclico de um processo que se iniciara 125 anos antes, quando os franceses tinham resgatado uma revolução apelando para que todos os cidadãos a apoiassem com armas. A política tornara-se a extensão da guerra e o velho dilema dos Estados - de como manter exércitos eficientes que fossem ao mesmo tempo confiáveis e financeiramente acessíveis - revelara-se tão longe de uma solução como na época em que a Suméria usara pela primeira vez sua receita para pagar soldados.

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Depois de chegarem, [os soldados] descobriram que a mobilidade quase milagrosa proporcionada pelas ferrovias evaporava. Face a face com o inimigo, não estavam em situação melhor do que as legiões romanas no que diz respeito a transportar seus suprimentos; além da cabeceira da ferrovia era preciso andar, e o único meio de abastecê-los era usando veículos de tração animal. Na verdade, a sorte deles era pior que a dos exércitos bem organizados de outros tempos, pois a artilharia contemporânea criava uma zona de fogo de vários quilômetros de profundidade dentro da qual o reabastecimento a cavalo era impossível e o reaprovisionamento da infantaria - de munição e ração - só podia ser feito com fardos carregados por homens.

Evidentemente, a perda de mobilidade surgiu com mais urgência em forma tática que logística: no centro da zona de fogo, a infantaria mal podia se mexer e qualquer movimento tinha um custo humano catastrófico. [...] a dimensão logística atormentou os exércitos ao longo de toda a Primeira Guerra Mundial, principalmente porque o esforço para conquistar a superioridade dentro da zona de fogo mediante o aumento da fuzilaria exigia um transporte ainda maior de munições entre o fim da linha férrea e as bocas de fogo, o que só podia ser feito por tração animal. Em consequência, a forragem para cavalos tornou-se a maior categoria de carga desembarcada, por exemplo, nos portos franceses para o exército inglês na frente ocidental em todo o período de 1914-18.

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A indústria da época da produção em massa, que laminou o aço e fez os blocos de motor que revolucionaram os transportes, também cuspia as granadas e balas que os exércitos de massa devoravam em quantidades cada vez maiores. [...] Na semana anterior à abertura da batalha do Somme, 1º de julho de 1916, a artilharia britânica deu 1 milhão de tiros, num peso total de cerca de 20 mil toneladas de metal e explosivos. A demanda por quantidades desse nível provocou a "crise dos projéteis" de 1915, mas a fome foi saciada por um programa de industrialização de emergência na Inglaterra e pela realização de grandes encomendas para fábricas trabalhando com ociosidade em outros lugares. A partir de então, as indústrias britânica e francesa nunca recuaram; os franceses, que tinham planejado antes da guerra gastar 10 mil projéteis de 75 mm diariamente, aumentaram a produção para 200 mil por dia em 1915 e, em 1917-18, forneceram à força expedicionária americana que chegava 10 milhões de obuses para sua artilharia de construção francesa, bem como 4791 dos 6287 aviões utilizados em combate pelos americanos. A Alemanha, apesar de ter de encontrar um substituto artificial para os nitratos, impedidos de chegar pelo bloqueio dos inimigos, aumentou a produção de explosivos de mil toneladas por mês, em 1914, para 6 mil, em 1915. Até mesmo o desprezado sistema fabril russo aumentou a produção de projéteis de 450 mil por mês, em 1915, para 4,5 milhões, em 1916, um crescimento de dez vezes.

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Os exércitos de todas as potências que entraram em guerra em 1914 estavam equipados com metralhadoras e seu equivalente menos letal, o rifle de repetição de retrocarga e pequeno calibre. Com um alcance de mil metros e precisão de tiro de quinhentos metros, essas armas logo estabeleceram um domínio da defesa no campo de batalha que aumentou muito as perdas nos ataques de infantaria, tornando-os muitas vezes suicidas. A partir do momento em que se cavaram linhas de trincheira onde a infantaria podia se abrigar dessa chuva de aço, os generais passaram a procurar meios de amortecer seus efeitos. A multiplicação das peças de artilharia foi a primeira solução tentada; seu resultado foi apenas o desgaste mútuo pelas artilharias em competição, devastação do campo de batalha e excesso de trabalho das indústrias fabricantes de obuses e dos serviços de suprimento próximos da frente de batalha. A invenção do tanque foi a segunda solução, mas produziram-se máquinas em número reduzido, muito lentas e desajeitadas demais para impor uma alteração decisiva nas condições táticas. Mais para o final da guerra, ambos os lados buscaram no recém-criado instrumento de poderio aéreo os meios de atacar diretamente o moral civil e a capacidade produtiva do adversário, na esperança de desgastar ambos. Porém nem o pesado aeroplano, nem o dirigível tinham alcançado capacidade ofensiva que alterasse o equilíbrio. A Primeira Guerra Mundial resolveu-se finalmente não pela descoberta ou aplicação de uma nova técnica militar, mas pelo incansável desgaste dos efetivos pela produção industrial. O fato de a Alemanha ter sido a derrotada nessa Materialschlacht foi quase fortuito; poderia ter sido qualquer de seus inimigos, entre os quais a Rússia, que de fato pagou a penalidade em 1917. Os meios, que os estados-maiores tinham convencido os governos de que garantiriam a paz e, se houvesse guerra, trariam a vitória - recrutamento cada vez mais amplo de soldados, compras cada vez mais caras de armas -, tinham se anulado uns aos outros. Suprimento e logística tinham prejudicado todos os combatentes quase na mesma medida.

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A vontade dos generais de ter mais soldados e a instituição de sistemas estatais compulsórios de recrutamento não teriam funcionado se os próprios homens não estivessem dispostos a servir. Desde o início dos Estados, os generais sempre quiseram mais soldados e a história da burocracia está cheia de exemplos de planos fúteis e descartados de alistamento. Mesmo quando um Estado dispunha de meios para identificar seus jovens aptos do sexo masculino e seus lugares de trabalho ou residência, como em 1914 todos os Estados europeus já eram capazes, a melhor das forças policiais não teria sido suficiente para levar um grupo etário inteiro para os quartéis se houvesse resistência e a sociedade em geral não a apoiasse.

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Em 1914, um clima cultural inteiramente novo dominava a sociedade europeia, no qual se aceitava o direito do Estado de exigir e o dever de todos os homens aptos de prestar serviço militar, se percebia no desempenho do serviço militar um treinamento necessário em virtudes cívicas e se rejeitava a velha distinção social entre guerreiro e os outros como um preconceito ultrapassado.

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Em 1914, o velho flagelo das doenças, até então o principal agente da morte nas guerras, já fora afastado dos exércitos. Isso fez a lista de baixas de 1914-18 mais difícil ainda de suportar. A vida dos soldados tornara-se saudável; os recrutas, criados em um meio ambiente de melhor saúde pública, bem alimentados pelos produtos da agricultura mecanizada, eram mantidos em forma e fortes. Na verdade, o tamanho das listas de baixas da Primeira Guerra Mundial refletia, em certo sentido, o declínio da mortalidade infantil e o aumento da expectativa de vida civil ocorrido no século anterior. Esses fatores combinaram-se para fornecer o número de cabeças que se apresentavam para a carnificina, que aumentava acentuadamente a cada ano. [...]

Em retrospecto, é fácil encontrar explicações mecanicistas para esse salto na quantidade de baixas. O poder de fogo, tanto da arma do soldado individual, como das metralhadoras e da artilharia que lhe davam apoio, multiplicara-se várias centenas de vezes desde os tempos da "indecisão" da pólvora, no século XVIII. [...] Já em 1914, o soldado de infantaria disparava quinze descargas por minuto, uma metralhadora, seiscentas, e uma peça de artilharia, atirando granadas shrapnel cheias de balas de aço, vinte descargas. Enquanto a infantaria ficasse protegida, boa parte desse fogo era desperdiçada, mas quando ela avançava era possível destruir um batalhão de mil homens em poucos minutos. Ademais, correr dessa torrente de disparos não oferecia escapatória, pois o fugitivo tinha de atravessar uma zona de alcance de fogo de centenas de metros até conseguir voltar à proteção das trincheiras. O fogo, portanto, pregava-o ao chão onde, se fosse ferido, poderia ficar sem assistência até sucumbir.

Todos os esforços dos altos comandos da Primeira Guerra Mundial para superar o impasse que o poder de fogo impunha às frentes de luta pela aplicação de métodos indiretos em outros lugares revelaram-se infrutíferos. A ação das frotas, em particular, trouxe pouco retorno para as enormes quantias gastas para construí-las nos sessenta anos decorridos desde a substituição dos navios de madeira pelos de ferro.

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"Cada homem um soldado", a filosofia que sustentava a política da conscrição, baseava-se numa incompreensão fundamental da potencialidade da natureza humana.

Os povos guerreiros podem ter feito de cada homem um soldado, mas tinham tomado o cuidado de lutar apenas em condições que evitavam o conflito direto ou sustentado com o inimigo, admitiam a ruptura de contato e o recuo como respostas permissíveis e razoáveis à resistência resoluta, não faziam um fetiche da coragem desesperada e mediam com muito cuidado a utilidade da violência.

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Os exércitos da Primeira Guerra Mundial eram compostos quase que do topo até a base de representantes de todas as posições e ocupações da sociedade, e muitos dos que foram poupados da morte e de ferimentos serviram por dois, três ou até quatro anos. [...]

A persistência até o fim da Alemanha, apesar da perda de mais de 2 milhões de uma população anterior à guerra de 70 milhões, é ainda mais notável. Ela pagou o preço emocional, embora numa moeda diferente da que circulou nas nações vitoriosas. Nestas, o custo foi considerado alto demais para jamais ser pago novamente.


Mais:
http://www.youtube.com/watch?v=f7AZSckr-Cs
http://haytom.us/the-cupboard-of-the-yesterdays

domingo, 16 de setembro de 2018

Egon Schiele

DER TAGESSPIEGEL
27.04.2008

Ein Virus bedroht die Welt

Die Spanische Grippe tötete in einem Jahr so viele Menschen wie die Pest in einem Jahrhundert. Das Virus befiel 1918 die ganze Welt. Sein Rätsel ist bis heute nicht gelöst.

(Anna Kemper)

Herbst 1918, viertes Kriegsjahr. In Wien hat Egon Schiele, 28 Jahre, Maler, eine kalte Wohnung und eine kranke Frau. "Ich habe noch immer keine Kohlen", schreibt er seinem Schwager, "und brauche schon heute nachmittags einige." Am 27. Oktober schickt er seiner Mutter einen Brief: "Liebe Mutter Schiele, - Edith erkrankte gestern vor acht Tagen an spanischer Grippe und bekam Lungenentzündung dazu. Die Krankheit ist äußerst schwer und lebensgefährlich; - ich bereite mich bereits auf das Schlimmste vor, da sie fortwährend Athemnot hat." Am selben Tag kritzelt Edith Schiele, im sechsten Monat schwanger, kraftlos auf einen Zettel: "Ich habe ich Dich unendlich liebe und liebe Dich immer mehr grenzenlos und maßlos Deine Edith." Egon Schiele zeichnet seine Frau, zum letzten Mal. Sie stirbt um acht Uhr morgens.

Egon Schiele bestellt Blumen für die Totenfeier, schöne Blumen, wie seine Frau sie liebte. Am 30. Oktober wird Edith Schiele begraben. Als Schiele vom Friedhof heimkehrt, fröstelt ihn, er muss sich legen. Dann schüttelt ihn das Fieber.

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Im Frühjahr, als die Grippe Loring Miner in Haskell County keine ruhige Nacht lässt, stirbt Gustav Klimt in Wien an einem Schlaganfall. Egon Schiele ist nun der erste Maler der Stadt. Als im März die Grippe Camp Funston trifft, eröffnet in der Wiener Sezession eine Ausstellung mit 19 Bildern Schieles. Alle werden verkauft, zu hohen Preisen, 5000 Kronen bringt ihm allein ein Ölgemälde. Bis dahin hatten sich Schiele und seine junge Frau nur das Nötigste leisten können.

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Wo kommt sie her, diese Grippe, die die Truppen lahmlegt? Eine deutsche Kriegswaffe, munkeln einige, vom Pharmakonzern Bayer in Aspirintabletten injiziert. Nein, sagen andere, auf einem deutschen Schiff, das unbemerkt nachts in Boston angelegt habe, sei sie ins Land gebracht worden. Der Leiter der Hygieneabteilung der US-Werften verkündete auf der Titelseite des "Philadelphia Inquirer", deutsche Agenten hätten Ampullen mit Keimen in die USA geschmuggelt und diese in der Stadt verteilt: "Jeder, der spuckt, hilft dem Kaiser."

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Ende Mai erreicht die Grippe Schanghai, sie gelangt, die Bahnstrecke entlang, von Kalkutta über Madras, Rangoon nach Karatschi. Im Juni hat sie ihren Höhepunkt in Portugal und Griechenland, im Juli in Dänemark und Norwegen. Als Egon Schiele mit seiner Frau im August Ferien auf dem Land bei Wien macht, rollt die erste Welle der Grippe nur noch schwach durch Holland und Schweden.

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In Deutschland füllt der Krieg die Zeitungen, über die Grippe wird kaum geschrieben. Ende August steht in der "Rheinischen Zeitung" einer der wenigen Artikel, in denen sich die Angst vor der Pandemie zeigt: "Durch Europa wandert eine unheimliche Gestalt. Tausende Menschen sind von der spanischen Grippe angeblasen. Ganze Ortschaften liegen fiebernd im Bett und überall, wo viele Menschen beisammen sind, schleicht das grüne Gespenst umher und pustet Myriaden Bazillen aus. Hätten wir nur kräftiges Essen, wir wollten des Gespenstes schon Herr werden. Aber mit Kriegsbrot läßt sich dieser Teufel nicht bannen."

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Der Grippe ist es gleich, ob sie auf eine geschwächte oder gesunde Bevölkerung trifft, ja, sie verhält sich so ganz anders, als man es von dieser Krankheit gewohnt ist: Sie rafft nicht vor allem Kinder und Alte hinweg, sondern ist besonders tödlich für die 20- bis 40-Jährigen, deren Immunsystem doch eigentlich am stärksten ist. Und das Virus ist erneut mutiert, es ist noch aggressiver als im Februar in Haskell County: Manche Patienten sterben innerhalb von zwölf Stunden. Die Kranken leiden unter heftigen Ohren- und Augenschmerzen, oft ist ihre Sehfähigkeit eingeschränkt. Sie fallen ins Delirium, Gliederschmerzen scheinen sie zu zerreißen, Hustenkrämpfe durchschütteln sie. Blut rinnt ihnen aus der Nase, aus dem Mund, aus den Ohren, aus den Augen, aus der Haut. Bei vielen transportiert das Blut nicht genügend Sauerstoff in die Lungen, eine Zyanose tritt ein, die Haut färbt sich dunkel.

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Der Krieg geht dem Ende zu, aber noch sterben die Soldaten an der Front, noch brauchen die Kriegsparteien Nachschub. Im September 1918 wird in Wien Egon Schiele erneut auf Kriegstauglichkeit überprüft.

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Oktober 1918. In Wien hat Egon Schiele Angst vor der Grippe und eine schwangere Frau. "Er, der sich nie gescheut hatte vor dem Besuch eines an ansteckenden Leiden Erkrankten, hielt sich und seine Gattin nunmehr strenge vom Verkehr mit den Menschen fern", schreibt sein Freund Arthur Rössler später. "Er vermied es nach Tunlichkeit, in der Schlechtwetterzeit in öffentliche Lokale zu gehen, die stets überfüllte Straßenbahn zu benützen, und bekannte unverhohlen, daß er sich vor der 'schwarzen' Grippe fürchte, die gerade in Wien heftig wütete und viele Menschen hinwegraffte."

Man hatte die Grippe unterschätzt: Für die Kriegsparteien war der Krieg wichtiger, die Bevölkerung sollte nicht in Panik versetzt werden, es gab weder einen Plan, um die Ausbreitung der Pandemie zu verhindern, noch verlässliche Ratschläge für die Bevölkerung, wie sie sich schützen könnte. Und dann war es zu spät. Der subjektive Eindruck war noch schlimmer als die Realität, "in der Stadt die Grippe in entsetzlichem Masse", notiert Stefan Zweig in Zürich Mitte Oktober in sein Tagebuch. "Eine Weltseuche, gegen die die Pest in Florenz oder ähnliche Chronikgeschichten ein Kinderspiel sind. Sie frisst täglich 20 000 bis 40 000 Menschen weg."

Zur gleichen Zeit erreicht die Spanische Grippe die Wattmanngasse 6 in Wien: Egon Schieles Frau ist krank. Arthur Rössler schreibt: "Er verbarg sein Teuerstes und sich vergeblich vor der verderbenschwangeren Seuche."

Die Zeichnung seiner sterbenden Frau ist Egon Schieles letzte. In einer stillen Herbstnacht ohne Sterne, drei Tage nach dem Tod seiner Frau, am 31. Oktober 1918, sagt Egon Schiele auf seinem Sterbebett: "Der Krieg ist aus - und ich muss geh'n." Um ein Uhr morgens ist er tot.


* * *

Krieg und Tod

1915:

Vier Tage, bevor Egon Schiele am 21. Juni nach Prag als Soldat einrücken muss, heiratet er Edith Harms. Vor der Heirat bestand sie darauf, dass er sich von Wally trennt, was er dann auch tut. Sie folgt ihm gleich nach Prag. Einen Monat später wird Schiele nach Wien versetzt und kann hier und in der näheren Umgebung seinen Militärdienst verrichten.

1916:

Im Mai wird Egon Schiele als Schreiber in das Lager für kriegsgefangene russische Offiziere nach Mühling bei Wieselburg versetzt. In dieser Zeit war er künstlerisch nicht sehr produktiv. Doch entstand die "Zerfallende Mühle". Schiele fühlte sich verloren und abgeschnitten und bemühte sich unablässig um eine Versetzung an das Heeresmuseum in Wien.

1917:

Schiele wird endlich nach Wien an die "k.k. Konsumanstalt für Gagisten im Felde" als Kanzlist kommandiert und wird gemeinsam mit Gütersloh beauftragt, die "Kriegsausstellung 1917" im Prater zu organisieren.

1918:

Ende April gelingt ihm die Kommandierung an das Heeresmuseum, das zu dieser Zeit einen Zufluchtsort für Künstler, Schriftsteller und Journalisten, usw. darstellte.

Am 6. Februar stirbt Gustav Klimt. Am Tag danach hat Schiele den toten Klimt im Allgemeinen Krankenhaus dreimal gezeichnet. Durch den Tod Klimts war er plötzlich der anerkannt führende Künstler Wiens.

Im März stellt die Wiener Sezession Schiele und seiner Gruppe ihr Gebäude zur Verfügung, Schiele selbst den Hauptsaal. Er ist mit 19 großen Gemälden und 29 zum Teil aquarellierten Zeichnungen vertreten. Künstlerisch und materiell bedeutet diese Ausstellung für ihn den ersten wirklichen Erfolg.

Während des Jahres 1918 grassiert in Europa und Teilen Afrikas die "Spanische Grippe", die häufig mit schwerer Lungenentzündung einher ging. Egon Schiele versucht seine schwangere Frau Edith so gut es geht vor einer Ansteckung zu schützen, aber dies gelingt ihm nicht. Sie stirbt am 28. Oktober. Egon Schiele, der zu dieser Zeit selber schon erkankt war, wird zu seiner Schwiegermutter in deren Wohnung in Wien Hietzing gebracht, um ihn zu pflegen. In den frühen Morgenstunden des 31. Oktobers verstirbt aber auch er an den Folgen der Krankheit. Er hinterlässt keinen Erben.


Fontes:
http://www.tagesspiegel.de/spanische-grippe-ein-virus-bedroht-die-welt/1220190.html
http://www.egon-schiele.eu/de/egon-schiele/krieg-und-tod

Mais:
http://docs.google.com/file/d/0BxwrrqPyqsnIZGZYOGZRSDZiRU0
http://www.youtube.com/watch?v=xreVKRwDbbQ
http://www.egon-schiele.net/?ps=48

quarta-feira, 12 de setembro de 2018

Ungaretti

Giuseppe Ungaretti: Poesia e guerra

Ungaretti vive in prima persona l'esperienza del fronte e della trincea. Della guerra rappresenta la paura, il freddo, la morte, ne denuncia l'atroce assurdità. Al tempo stesso, proprio la quotidianità con la morte e la consapevolezza della propria disperata solitudine sono le condizioni esistenziali sulle quali Ungaretti costruisce la sua incessante ricerca della poesia pura.

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L'esperienza della guerra è un nodo fondamentale del percorso artistico di Ungaretti e la sua testimonianza è imprescindibile per confrontarsi con il segno che il primo conflitto mondiale ha lasciato sulle coscienze di un'intera generazione.

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Gli intellettuali rivestirono un ruolo determinante nel dibattito tra interventisti e neutralisti: moltissimi infatti, anche se con motivazioni diverse, erano favorevoli all'intervento italiano a fianco dell'Intesa. Successivamente, quando furono palesi gli esiti drammatici della guerra, molti di loro cambiarono opinione e le testimonianze letterarie mettono in evidenza la lacerazione provocata da un conflitto così terribile e distruttivo.

Giuseppe Ungaretti ha vissuto in prima persona l'esperienza del fronte e della trincea. Della guerra ha rappresentato la paura, il freddo, la morte, ne ha denunciato l'atroce assurdità. Al tempo stesso, proprio la quotidianità con la morte e la conseguente consapevolezza della propria disperata solitudine sono state le condizioni esistenziali necessarie sulle quali Ungaretti costruirà, attraverso un doloroso percorso di "ascoltazione" interiore, la sua incessante ricerca della poesia pura.

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IL DISINGANNO

Nel 1914, allo scoppio della guerra, il giovane Ungaretti, all'epoca acceso interventista, rientra in Italia dal soggiorno parigino per arruolarsi volontario.

"Quando ero a Viareggio, prima di andare a Milano, prima che scoppiasse la guerra, ero, come poi a Milano, un interventista. Posso essere un rivoltoso, ma non amo la guerra. Sono anzi un uomo della pace. Non l'amavo neanche allora, ma pareva che la guerra s'imponesse per eliminare finalmente la guerra. Erano bubbole, ma gli uomini a volte s'illudono e si mettono in fila dietro alle bubbole." (G. Ungaretti, Vita d'un Uomo. Tutte le Poesie, a cura di L. Piccioni, Milano, Mondadori, 1969, p. 521)

Dopo alcuni mesi trascorsi a Milano e in Versilia, Ungaretti parte per il Carso, dove presterà servizio per tutta la durata del conflitto, tranne una parentesi sul fronte francese della Champagne, nella primavera del 1918.

Di fronte alla concretezza della guerra, alla vastità dell'orrore, il giovane volontario matura una profonda mutazione.

"Ero in presenza della morte, in presenza della natura, di una natura che imparavo a conoscere in modo nuovo, in modo terribile. Dal momento che arrivo ad essere un uomo che fa la guerra, non è l'idea di uccidere o di essere ucciso che mi tormenta: ero un uomo che non voleva altro per sé se non i rapporti con l'assoluto, l'assoluto che era rappresentato dalla morte, non dal pericolo, che era rappresentato da quella tragedia che portava l'uomo a incontrarsi nel massacro." (G. Ungaretti, cit., p. 520)

IL PORTO SEPOLTO: FOGLI SCRITTI IN TRINCEA

Da questa mutazione nascono le liriche della prima raccolta Il Porto Sepolto, pubblicato a Udine nel 1916, su interessamento di un ufficiale, Ettore Serra, rivista e pubblicata nuovamente nel 1919 con l'aggiunta di nuove liriche.

Negli anni successivi, Ungaretti continuò a intervenire sui testi fino all'edizione del 1931 e alla definitiva del 1942, che raccoglie gli scritti degli anni 1914-19, divisi in cinque sezioni: Ultime (con le poesie composte a Milano prima della guerra), Il Porto Sepolto, Naufragi, Girovago e Prime (con alcune liriche che indicano già il nuovo percorso poetico che caratterizzerà Sentimento del Tempo.

Si tratta di testi scritti in trincea, su fogli di ogni genere.

"A dire il vero, quei foglietti: cartoline in franchigia, margini di vecchi giornali, spazi bianchi di care lettere ricevute... - sui quali da due anni andavo facendo giorno per giorno il mio esame di coscienza, ficcandoli poi alla rinfusa nel tascapane, portandoli a vivere con me nel fango della trincea o facendomene capezzale nei rari riposi, non erano destinati a nessun pubblico. Non avevo idea del pubblico, e non avevo voluto la guerra e non partecipavo alla guerra per riscuotere applausi, avevo, ed ho oggi ancora, un rispetto tale d'un così grande sacrifizio com'è la guerra per un popolo, che ogni atto di vanità in simili circostanze mi sarebbe sembrato una profanazione - anche quello di chi, come noi, si fosse trovato in pieno nella mischia." (G. Ungaretti, cit., p. 519)

SCRITTURA POETICA E AUTOBIOGRAFIA

La data e il luogo indicati in calce danno alla raccolta l'apparente aspetto di un diario di guerra. Diario solo ‘apparente', tuttavia, perché in effetti la guerra non costituisce la materia del racconto, piuttosto la condizione dolorosamente necessaria che sollecita una riflessione sulla vita e sulla morte, sulla finitezza dell'esistenza umana che contrasta con tensione verso l'infinito.

"Nella mia poesia non c'è traccia d'odio per il nemico, né per nessuno: c'è la presa di coscienza della condizione umana, della fraternità degli uomini, nella sofferenza, dell'estrema precarietà della loro condizione. C'è volontà d'espressione, necessità d'espressione, c'è esaltazione, quell'esaltazione quasi selvaggia dello slancio vitale, dell'appetito di vivere, che è moltiplicato dalla prossimità e dalla quotidiana frequentazione della morte. Viviamo nella contraddizione." (G. Ungaretti, cit., p. 520)

La natura del legame tra scrittura poetica e autobiografia è proposta dallo stesso autore:

"Questo vecchio libro è un diario. L'autore non ha altra ambizione e crede che anche i grandi poeti non ne avessero altre se non quella di lasciare una sua bella biografia. Le sue poesie rappresentano dunque i suoi tormenti formali, ma vorrebbe si riconoscesse una buona volta che la forma lo tormenta solo perché la esige aderente alle variazioni del suo animo, e, se qualche progresso ha fatto come artista, vorrebbe che indicasse anche qualche perfezione raggiunta come uomo. Egli si è maturato uomo in mezzo ad avvenimenti straordinari ai quali non è stato mai estraneo. Senza mai negare le necessità universali della poesia, ha sempre pensato che, per lasciarsi immaginare, l'universale deve attraverso un attivo sentimento storico, accordarsi con la voce singolare del poeta." (G. Ungaretti, cit., p. 527-28)

Si tratta di una autobiografia trasfigurata, quindi, poiché i singoli eventi assumono un valore simbolico di avvicinamento dell'essere umano alla verità e al senso della vita. Indicativa in tal senso la lirica Soldati (Si sta / come d'autunno / sugli alberi / le foglie) in cui l'uso del pronome impersonale trasfigura l'esperienza contingente del soldato Ungaretti nella condizione esistenziale di precarietà propria di tutti gli esseri umani.

LO STILE

Per quanto riguarda gli aspetti espressivi, Ungaretti utilizza un lessico scarno ed essenziale, per lo più privo di aggettivi. La parola viene caricata di un intenso significato attraverso il procedimento dell'analogia, grazie ad accostamenti nuovi e imprevisti.

I versi sono corti, a volte costituiti da una sola parola-verso, privi di schemi metrici, e anche i testi sono molto brevi, tanto che si può parlare di una vera e propria poetica del frammento d'ispirazione vociana. Come per i Futuristi, la ricerca di una libertà assoluta dagli schemi espressivi si traduce nell'abolizione della rima e della punteggiatura. L'effetto è di una comunicazione immediata e diretta, non mediata, piuttosto evocata dall'uso dell'analogia.

LA REVISIONE DEI TESTI

Questo procedimento è evidente se si confrontano le due versioni di San Martino del Carso.

Prima redazione da Il Porto Sepolto, 1917:

Di queste case
non c'è rimasto
che qualche
brandello di muro
esposto all'aria
Di tanti
che mi corrispondevano
non è rimasto
neppure tanto
nei cimiteri
Ma nel cuore
nessuna croce manca

Innalzata
di sentinella
a che?
Sono morti
cuore malato

Perché io guardi al mio cuore
come a uno straziato paese
qualche volta


Redazione definitiva da Vita d'un Uomo, 1969:

Valloncello dell'Albero Isolato, il 27 agosto 1916

Di queste case
non è rimasto
che qualche
brandello di muro

Di tanti
che mi corrispondevano
non è rimasto
neppure tanto

Ma nel cuore
nessuna croce manca

È il mio cuore
il paese più straziato


Nell'opera di revisione, oltre all'aggiunta della determinazione spazio-temporale, sotto al titolo, nelle prime due strofe tutti gli elementi descrittivi che rimandano in un certo senso a luoghi concreti (esposto all'aria e nei cimiteri) vengono eliminati, sostituiti da uno spazio vuoto. Ma l'intervento più drastico è quello operato sulle ultime due strofe dove la sintassi articolata, in cui è presente anche una domanda retorica, viene sostituita da un distico (che con il precedente forma una coppia di endecasillabi) in cui vengono mantenuti solo i due elementi lessicali essenziali: cuore e paese.


Fonte:
http://www.treccani.it/scuola/lezioni/lingua_e_letteratura/ungaretti_01.html

Mais:
http://www.comunedipignataro.it/?p=22190
http://ilpiccolo.gelocal.it/2013/03/18/una-foto-inedita-di-ungaretti-in-guerra-1.6722151
http://www.raicultura.it/letteratura/Ungaretti-e-la-poesia-in-trincea-634231b9.html http://docs.google.com/file/d/1LocRd2G3mn32PNFJhKMA0WXu6Z6nQz8x

domingo, 9 de setembro de 2018

Montherlant

AOÛT 1914

Quand la guerre éclate, [Henry de] Montherlant a l'intention de s'engager pour suivre au front un de ses amis, celui qu'il avait beaucoup aimé au Collège de Sainte-Croix (le Serge Sandrier ou le Serge Souplier de la Ville et des Garçons).

Sa mère refuse, voulant le garder auprès d'elle. La famille Montherlant avait le sentiment de la caste, mais ne manifestait pas un vif patriotisme, au début de la guerre. Ni les Montherlant ni les Riancey n'étaient républicains! Ils étaient des monarchistes catholiques, très mécontents de la mise à l'écart du Comte de Chambord, dernier des Bourbon et ils refusaient la politique de la République contre l'Eglise et les ordres religieux.

"La France, c'était le petit père Combes, la franc-maçonnerie, les inventaires. Et au début, ma foi, je crois que si la France avait été battue, on se serait dit: 'elle l'a bien mérité, avec toutes les saloperies qu'elle a faites'. Le véritable patriotisme, dans ma famille et chez moi, ne commença qu'au moment de Verdun, et à ce moment-là, devint très fort." (Archives du XXe Siècle, p. 31)

EN NOVEMBRE ET DÉCEMBRE 1914, MONTHERLANT ÉCRIT SA PREMIÈRE PIÈCE L'EXIL

"L'Exil me semble très extraordinaire à cause de la maîtrise que j'y montre", dira Montherlant. "Ce n'était pas du tout autobiographique, le sujet était complètement inventé. Il était parti d'une seule phrase, de quelques mots, prononcés par ma mère. Mon camarade, celui que j'appelle Souplier dans la Ville, j'avais appris - j'ai su que c'était faux, mais je l'avais cru sur le moment - qu'il s'était engagé. Je crus qu'il était sur le Front, j'ai voulu le rejoindre, et j'ai dit à ma mère: 'Je m'engage'. C'était pour retrouver ce garçon. Ma mère me dit: 'Ne t'engage pas, je serai morte très vite, tu peux bien attendre quelques mois'. En effet, elle devait mourir neuf mois plus tard." (Archives du XXe Siècle, p. 31)

Il écrit aussi en 1914 Thrasylle, et les premières ébauches de La Ville dont le Prince est un Enfant et des Garçons.

De 1914 à 1917, Henry de Montherlant restera très solitaire, lisant beaucoup: Tacite, Pascal, Flaubert, Nietzsche, Chateaubriand, d'Annunzio, Schopenhauer, Barrès. Il passe des heures à la Bibliothèque nationale. Il est actif, aussi, le jeudi et le dimanche dans un patronage de la paroisse Saint-François-Xavier.

LE 15 AOÛT 1915, MORT DE SA MÈRE, MARGUERITE DE RIANCEY

"Coup terrible pour moi", écrira-t-il à Faure-Biguet.

Montherlant, en 1969, dans son roman Les Garçons, va décrire la fin de Madame de Bricoule, mère de son héros Alban. Terrible et superbe morceau d'anthologie dans ce livre si riche et encore mal compris.

Même si le romancier rejette toute identification de sa mère avec le personnage de Mme de Bricoule, voici quelques lignes sur la mort de cette mère:

"Mme de Bricoule croyait que les gens qui meurent ont droit à quelques égards; elle avait grand tort. Elle écrivait des lettres auxquelles on ne répondait pas; le courrier ne contenait plus que des imprimés (d'ordinaire des lettres de quête). Chacun s'ingéniait à lui montrer, de sa façon propre, que sa mort lui était indifférente, qu'elle pouvait et devait disparaître, qu'il était inutile qu'elle insistât, et indiscret. Un petit mot d'amitié, de quiconque, lui eût fait un instant chaud au cœur, mais ce mot, on tenait ferme à ne pas le lui dire: personne, non personne, non, personne. Elle mourait de sa maladie, et elle mourait de sa tristesse de mourir, et de comment elle mourait. Elle mourait à force de n'être pas aimée. 'Etre aimée! Etre aimée!'. Mais il n'y avait que sa mère qui l'eût aimée." (Les Garçons, Pléiade, Roman II, page 805)

En septembre 1915, il est de la classe 1915, Montherlant est ajourné pour hypertrophie cardiaque de croissance. Il suivra cependant une préparation militaire.

Concernant son engagement dans l'armée, Montherlant dit:

"Je devins soldat en 1916. J'avais été versé dans l'auxiliaire (c'est-à-dire le non-combattant) et j'étais dans un état-major de l'arrière. C'est ici que se place un autre trait admirable, de ma grand-mère (la Comtesse de Riancey), cette fois. Ma grand-mère m'aimait comme aiment les vieilles dames qui sentent qu'elles vont mourir et qui n'ont qu'un être à caresser, à câliner et sur qui répandre leur besoin de tendresse, et de cajolerie. Je peux dire que ma grand-mère m'adorait. Or, elle fit des pieds et des mains pour que, de cet état-major de l'arrière (état-major du général de Castelnau) qui était à soixante kilomètres du front, je fusse envoyé sur le front, ce qui était non seulement risquer ma propre vie à moi, mais sa vie à elle, car si j'avais été tué elle serait sûrement morte. C'est un trait que je trouve vraiment sublime." (Archives du XXe Siècle, p. 33)

Cette déclaration de Montherlant est-elle conforme à la vérité? S'est-il réellement engagé en 1916?

En réalité, non, Montherlant selon un de ses derniers biographes, Pierre Sipriot, qui n'aura pas ménagé Montherlant en fouillant dans sa vie privée, en abusant de la confiance de Jean-Claude Barat, héritier de Montherlant, en se servant avec indiscrétion de tous les papiers de l'écrivain après sa mort, en colportant les racontars de Peyrefitte avec qui Montherlant eut le grand tort de s'être lié dans les années 30 et 40, en réalité donc, Montherlant fut:

• réformé en 1914 pour hypertrophie cardiaque;

• il ne faut pas considérer Montherlant comme un embusqué. Il ne fit pas de zèle, au début de la guerre, pour s'engager. Sa mère lui avait demandé d'attendre, car elle se sentait mourir. Etre réformé était particulièrement mal vu à l'époque, surtout dans le milieu aristocratique.

Montherlant va donc attendre. Sa mère est morte, il est déjà plus libre. Mais la grand-mère, qui n'a plus que ce petit-fils très chéri, est là. Elle doit le freiner aussi. Mais il se décida, par orgueil, et pour éviter d'être traité de lâche ou de froussard, à monter au Front, malgré son hypertrophie cardiaque, et chercha à s'engager d'abord comme auxiliaire, en 1917.

Notons en passant, qu'avant l'engagement militaire, Montherlant s'éprend, en 1916, d'une jeune fille sud-américaine, avec qui il aura un flirt, et qu'il surnomme "l'Oiseau des îles''. Modèle de Soledad des Bestiaires? Il commence d'écrire à cette époque La Relève du Matin.

En septembre 1917, donc, le conseil de révision reconnaît Montherlant apte au service auxiliaire. La grand-mère Riancey fait alors, sur la demande de son petit-fils, intervenir ses relations pour qu'il puisse servir dans une unité combattante. Il commence par être ouvrier agricole, en dépendance de l'armée en Seine-et-Marne. Ensuite, il est transféré à Mirecourt dans les Vosges, comme secrétaire d'Etat-Major (Général de Castelnau).

"En février 1918, quand il sera volontaire pour monter en ligne, ou comme on disait 'aux premières loges', le major recruteur objectera à Montherlant cette 'hypertrophie cardiaque' qui le prédisposait à l'essouflement." (Sipriot, tome 1, page 16)

Il obtient alors, de son grand-oncle, le Baron Robert de Riancey, officier de cavalerie, né en 1861 (beau-frère de sa grand-mère), commandant sur le front (360e Régiment d'Infanterie), d'être nommé adjoint d'un officier de renseignements au même Régiment. Ce qui sera fait en mai 1918. Il est suivi quasi quotidiennement par un médecin militaire qui surveille l'hypertrophie cardiaque!

Donc Montherlant fut un soldat courageux; en arrivant sur le front, à 23 ans, il prend consciemment le risque d'y laisser sa vie, et au minimum, d'y être blessé. Et c'est ce qui arriva! Le 6 juin 1918, son unité subit un tir d'artillerie. Son sous-officier est tué devant lui. Montherlant, simple soldat, comptera parmi les blessés. Il a sept éclats d'obus dans le dos, l'épaule et les reins. Une opération ne permettra de retirer qu'un des sept éclats. Il souffrira toute sa vie de cette blessure, qui à l'époque, fut considérée comme superficielle. Il en donnera le récit dans Mors et Vita. Il dira qu'il l'avait bien cherché.

Le 29 juin 1918, Montherlant est affecté au bureau de l'officier des détails.

En octobre 1918, il suit un stage pour être interprète de l'armée américaine, et est détaché, ensuite, auprès des Américains au moment de l'Armistice.

Il fut démobilisé en 1919. Il recevra la Croix de Guerre. Sa grand-mère le fit entrer comme Secrétaire général de l'œuvre de l'Ossuaire de Douaumont, dirigée par le Maréchal Pétain, œuvre qui aménageait le cimetière où l'on recueillait les ossements de tous les combattants tués à Verdun.

Si Montherlant ne s'était pas exposé sur le Front, alors qu'il aurait pu facilement s'y soustraire vu son état cardiaque, s'il n'avait pas risqué sa vie, et très vite, après quelques jours, été blessé par plusieurs éclats d'obus, il n'aurait jamais pu postuler ce poste d'un ossuaire très célèbre, lieu consacré à la mémoire des soldats tués à Verdun, ni être accepté comme Secrétaire de cet Ossuaire de Douaumont, où son travail, notamment, consistait à lire les lettres des mères des morts. Il y a d'ailleurs une plaque en bronze, sur l'Ossuaire, où le nom du Comte de Montherlant est inscrit comme Premier Secrétaire Général de l'Ossuaire de Douaumont!

Mais Montherlant avait réussi à obtenir ce qu'il avait voulu: ne pas être traité d'embusqué, prendre un gros risque, monter au Front, et très vite être blessé, pour recevoir médailles et décorations! Calcul risqué mais réussi pour celui qui voulait montrer à son milieu qu'il avait exposé sa vie sur le Front et qu'il avait l'étoffe d'un héros!

Montherlant, dans cet épisode guerrier de 1918, agit à la manière d'un torero qui va jouer avec le danger, prend des risques, et s'en tire avec quelques blessures.

CITATIONS ET CERTIFICATS MILITAIRES D'HENRY DE MONTHERLANT

"Servant comme auxiliaire dans une section de secrétaire d'état-major, a demandé et obtenu d'être affecté dans un régiment actif. Y a fait preuve dès son arrivée, et malgré son état de santé précaire, de courage, de sang-froid et de beaux sentiments militaires. A été blessé grièvement le 6 juin 1918, à son poste de combat. Au G.Q.G, le 16 octobre 1918." (Pétain, Citation, ordre n°22 963 D)

"Je certifie que le soldat de Montherlant, du service auxiliaire, secrétaire d'état-major dans un état-major à l'intérieur, est venu au 360e régiment d'infanterie sur sa demande et qu'il y a servi dans un poste réservé régulièrement aux hommes du service armé. Blessé et évacué, il revint au front sur sa demande. Je certifie qu'il est venu à maintes reprises me demander de faciliter son désir d'être envoyé aux postes exposés, qu'il a toujours été volontaire pour les missions périlleuses, et a fait l'admiration de ses camarades et de ses chefs par son énergie et sa belle conduite au feu. Aux armées, le 16 septembre 1918." (L. Playoust, médecin-major chef de service au 360e R.I., membre de la Fédération nationale des combattants volontaires)

"Blessure: Ostéite traumatique du sacrum avec douleurs radiculaires, douleurs localisées à la région droite paramédiane du sacrum au niveau du 3e segment. Invalidités totalisées: 50%."


Fonte:
http://www.montherlant.be/biographie-02-guerre-14-18.html

Mais:
http://www.regietheatrale.com/index/index/thematiques/auteurs/Henry-de-Montherlant-3.html
http://docs.google.com/file/d/0BxwrrqPyqsnIYVJrY24zZW8tbnc

quarta-feira, 5 de setembro de 2018

Mediterrâneo

Trechos de O Grande Mar: Uma História Humana Do Mediterrâneo (2011), de David Abulafia.


Quando eclodiu a Primeira Guerra Mundial, toda a linha de cidades, de Ceuta, a oeste, até Porto Said, no leste, estava sujeita à hegemonia ou ao protetorado da Espanha, França, Itália e Reino Unido.

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Os turcos haviam perdido a pouca autoridade que ainda restava no norte da África; os alemães não conseguiram se estabelecer em lugar algum; os austríacos ainda estavam confinados em Trieste e na costa da Dalmácia e não participaram da corrida pelo norte da África; e o Reino Unido dominava as rotas marítimas entre Gibraltar e o Canal de Suez.

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[...] intenção das potências europeias de finalmente desmantelar o Império Otomano. Estava longe de ser um processo coordenado; de fato, a maior parte da iniciativa veio dos próprios territórios otomanos, já que até a Albânia, por tradição bastante leal a Constantinopla, havia se tornado, em 1912, um foco de descontentamento. A Primeira Guerra Mundial apenas acentuara a crescente tendência à separação das províncias otomanas. A adesão da Turquia ao lado alemão não foi de forma alguma inevitável. Enquanto as nuvens de guerra pairavam sobre a Europa, os turcos estiveram muito dispostos a negociar um novo tratado com o Reino Unido, o qual continuavam vendo como seu aliado óbvio para defender-se das tentativas dos russos de abrir um caminho do Mar Branco até o Mar Negro: eles também sabiam que a imprudência dos gregos, que levaram o rei George I da Grécia até Salônica, permanecia uma ameaça à sua capital; a Megáli Idea ou "grande ideia" de [Eleftherios] Venizelos significava nada menos que mudar a capital grega para Constantinopla, em substituição a Atenas. A característica mais extraordinária do Mediterrâneo em agosto de 1914 era a extrema volatilidade de todas as relações políticas: poderia o Reino Unido chegar a um acordo com a Turquia? Ou com a Rússia? O que deveria ser feito com a Grécia? Parecia que o sultão estava sendo atraído para as redes do Kaiser, mas não havia certeza. Em 10 de agosto de 1914, dois navios de guerra alemães foram autorizados a entrar no Chifre de Ouro, e o governo turco concordou que, se fossem perseguidos por navios britânicos, as baterias turcas abririam fogo contra os britânicos. Enquanto isso, na Grã-Bretanha, a Marinha Real Britânica apreendeu dois navios que estavam sendo construídos para a frota otomana, a um custo de 7,5 milhões de libras esterlinas, uma ação que provocou acusações ferozes da imprensa turca contra o Reino Unido.

Um dos que se voltaram decisivamente contra os turcos foi Winston Churchill, à época Primeiro Lorde do Almirantado. O Primeiro-Ministro Asquith disse em 21 de agosto que Churchill era "violentamente antiturco", embora sob sua retórica escondia-se uma inconfundível e audaz política. A vitória sobre o Império Otomano garantiria a segurança dos interesses britânicos, não só no Mediterrâneo, mas também no Oceano Índico, onde a Pérsia começava a emergir como uma importante fonte de petróleo que era enviado através do Canal de Suez. Uma vez que a Rússia entrou na guerra contra a Alemanha, o Dardanelos tornou-se uma passagem fundamental através da qual seria possível fornecer armas para a Rússia, e através da qual a Rússia poderia exportar grãos da Ucrânia, uma troca importante para o equilíbrio de pagamentos. Em março de 1915, temendo uma trégua entre Rússia e Alemanha, o governo britânico concordou que a Rússia pudesse assumir o controle de Constantinopla, do Dardanelos, do sul da Trácia e das ilhas do Egeu mais próximas ao Dardanelos.

A defesa apaixonada de Churchill de uma campanha para forçar a rendição do Dardanelos traduziu-se na mais importante ofensiva naval realizada no Mediterrâneo durante a Grande Guerra. Ao contrário da Segunda Guerra Mundial, na Primeira as ações no interior do Mediterrâneo foram relativamente poucas, e a frota austríaca se aventurou um pouco além do Adriático, que estava determinada a defender. [...] Uma ameaça militar turca ao Canal de Suez foi o suficiente para os britânicos imporem seu próprio candidato a quediva do Egito e chamarem o país de protetorado britânico; a partir desse momento, no Egito e no Chipre, a ficção de que essas terras ainda estavam sob o guarda-chuva do sultão passou para o esquecimento. Embora a superfície do Mediterrâneo permanecesse bastante tranquila, sob a calmaria havia agora a ameaça de um número cada vez maior de submarinos, cuja capacidade de causar danos às marinhas imperiais seria melhor demonstrada no Atlântico. Parte da explicação para essa calma relativa era que navios britânicos e alemães eram necessários para outras tarefas que eram consideradas mais importantes nos mares do norte.

A exceção muito controversa foi a campanha de Galípoli em 1915.

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Os submarinos inimigos ameaçavam os navios mercantes e, no ano de 1917, os ingleses e os franceses já haviam introduzido um eficiente sistema de comboios para acompanhar os navios que navegavam para o leste, partindo de Gibraltar. Em tempos de guerra, e após um século de relativa paz, apareceu um inimigo mais insidioso do que os piratas berberes.

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Do ponto de vista do Mediterrâneo, a Primeira Guerra Mundial foi apenas parte de uma série de crises que marcaram a agonia do Império Otomano: a perda de Chipre, Egito, Líbia e Dodecaneso. Depois a guerra mundial propriamente dita e a perda da Palestina, que passou para o controle britânico, seguida logo depois pelo mandato francês na Síria. Todas essas mudanças tiveram consequências, às vezes drásticas, nas cidades portuárias onde diferentes grupos étnicos e religiosos haviam coexistido durante séculos, especialmente em Salônica, Esmirna, Alexandria e Jafa. Ao final da guerra, os poderes vitoriosos dividiram os feudos do Império Otomano e os repartiram, e até mesmo Constantinopla ficou repleta de soldados britânicos. O sultão ficou politicamente imobilizado, o que deu muitas oportunidades aos radicais turcos, em particular a Mustafa Kemal, que se distinguira lutando em Galípoli.

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Esmirna sobreviveu à guerra e saiu dela fisicamente intacta, com a maioria de sua população a salvo de perseguição, em parte devido ao ceticismo de seu vali, o governador Rahmi Bey. Ele entendia que a prosperidade de sua cidade dependia de sua população heterogênea de gregos, armênios, judeus, turcos e comerciantes europeus. Quando recebeu a ordem de entregar os armênios às autoridades otomanas, o vali deu muito tempo, embora fosse forçado a enviar uma centena de "indesejáveis" para um destino incerto. Os gregos em Esmirna eram todos seguidores fiéis da ortodoxia, que desempenhava um papel significativo no sistema educacional grego e nas festividades públicas.

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Esmirna tinha um excelente porto que continuara a prosperar desde o final do século XVIII, quando a atividade comercial dos outros portos otomanos começou a declinar. [...] os turcos de Esmirna chegaram a comprar chapéus do tipo fez fabricados na França. [...] Mesmo durante a guerra, os "levantinos", como eram conhecidos, conseguiram manter o seu confortável estilo de vida, uma vez que Rahmi Bey não via motivo para tratar os comerciantes estrangeiros como inimigos; a maioria deles nascera em Esmirna e nunca visitara o país que havia emitido seus passaportes.

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[...] o sonho de Venizelos, a restauração dos domínios gregos que se estendiam por todo o mar Egeu e incluíam a costa da Ásia Menor. Segundo Venizelos, este era o verdadeiro coração da civilização grega: a antiga Jônia, cujos habitantes gregos, ele insistia, "constituíam a parte mais pura da raça helênica", e que especulava com otimismo serem 800.000 almas. O Reino Unido valorizava o apoio militar recebido dos gregos em 1919, durante a luta contra os revolucionários bolcheviques na Rússia, e esses combatentes da liberdade sem dúvida mereciam ser recompensados. [...] apresentara evidências convincentes de que os habitantes da cidade não queriam ser governados pela administração grega, já que todos eles, gregos, turcos, judeus e armênios, davam grande valor à harmonia que reinava na cidade, e tudo o que eles queriam era um governo autônomo local.

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[o Alto Comissário dos EUA em Constantinopla, o almirante Mark Lambert] Bristol afirmou que "os armênios são uma raça como os judeus, carecem de qualquer espírito nacional e têm pouco ou nenhum caráter moral", mas ele reservou sua maior ira para os britânicos, uma vez que ele não acreditava que Lloyd George fosse motivado por preocupações morais, mas que se tratava de uma corrida pelo petróleo.

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A família judia mais influente [em Alexandria] era a do barão Felix de Menasce, que ostentava um título nobiliárquico do Império Austro-Húngaro, embora seu avô tivesse nascido no Cairo e adquirido sua fortuna depois de se tornar o banqueiro do quediva, o vice-rei Ismail Paxá; na época de Felix, não apenas os negócios bancários, mas também o comércio, sustentavam a fortuna de sua brilhante família. Menasce fundou escolas e hospitais e até mesmo, depois de fazer inimizade com os líderes da nova e imponente sinagoga da rua Nebi Daniel, fundou sua própria sinagoga e cemitério. Apesar de levar uma vida secular em que a observância dos ritos judaicos mal tinha espaço, sentiu-se profundamente magoado ao saber que seu filho Jean, que estava estudando em Paris, havia se convertido ao catolicismo e recebera o batismo. Pior ainda, em sua opinião: seu filho foi ordenado religioso da ordem dos dominicanos e retornou a Alexandria para pregar. Felix de Menasce era amigo íntimo do líder sionista Chaim Weizmann, que visitou a cidade em março de 1918 e hospedou-se na imponente mansão da família Menasce. Não deixa de ser interessante que o barão Felix tenha usado seus contatos com os árabes da Palestina para tentar negociar um acordo bilateral entre judeus e árabes sobre o futuro da Palestina. No entanto, os britânicos, agora responsáveis pela Palestina, não estavam interessados nessa proposta.

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A vida cotidiana das comunidades estrangeiras girava em torno do comércio e das cafeterias, das quais as mais famosas eram as dos gregos, especialmente o Café Pastroudis. Dentro desses cafés, uma pessoa poderia encontrar membros da intelligentsia grega, por exemplo, o mais consumado dos intelectuais gregos, o poeta Kaváfis. O romancista inglês E.M. Forster, que passou a maior parte da Primeira Guerra Mundial em Alexandria (e se apaixonou por um árabe que era condutor de bonde), difundiu a poesia de Kaváfis, tornando-a conhecida para além de Alexandria. O problema era que a Alexandria à qual a mente do poeta continuava voltando era a antiga, e não a cidade moderna, que para ele não tinha atrativo algum. De todas as cidades portuárias do Mediterrâneo oriental, Alexandria era a que tinha sido menos afetada pelas mudanças políticas que se seguiram à queda dos otomanos, já que a cidade devia o seu renascimento aos colonos estrangeiros atraídos pelas iniciativas dos quedivas, e não dos sultões.

[...] É claro que a Alexandria cosmopolita não era toda a Alexandria, e a vida da elite não era a vida da maioria dos gregos, italianos, judeus e coptas que viviam na costa norte da cidade.

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Alexandria era uma cidade reconstruída há pouco tempo, e não muito longe dela, na Palestina, apareceu outra totalmente nova. Os britânicos encontraram-se nesta região em um ambiente político totalmente diferente do Egito. A revolta árabe durante a Primeira Guerra Mundial, encorajada em parte por T.E. Lawrence, dera aos britânicos alguns valiosos aliados contra os turcos. Simultaneamente, as exigências sionistas de uma pátria judaica intensificaram a tensão entre judeus e árabes na Palestina, especialmente depois que o governo britânico declarou seu apoio à ideia de um estado nacional judaico na Declaração Balfour de 1917.

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[Jafa] era o porto mais importante na Palestina. Para Jerusalém, era a principal saída para o mar, apesar de que navios de maior porte não podiam alcançar a terra e os viajantes eram obrigados a sair e utilizar barcaças. O sultão otomano dotou Jafa de um símbolo eloquente de modernização, construindo a Torre do Relógio, que ainda hoje existe. Às vésperas da Primeira Guerra Mundial, Jafa tinha 40.000 habitantes - muçulmanos, cristãos e judeus (os últimos, cerca de um quarto do total). Então, durante a guerra, os turcos, suspeitando que os habitantes de Jafa estavam em conluio com o exército britânico avançando em direção à área, ordenaram que árabes e judeus evacuassem a cidade; mas nem Jafa nem seus subúrbios judeus foram saqueados pelos turcos (tropas australianas acampadas por um tempo na cidade vazia causaram mais dano), e mais tarde Jafa recuperou sua prosperidade. Os trens que deixavam sua estação viajavam para o norte até Beirute, e para o sul e oeste até o Cairo, e inclusive chegavam a Cartum. A renda de Jafa vinha não só do comércio que passava do Mediterrâneo para o interior, mas também de suas excelentes laranjas, que eram distribuídas pelos territórios otomanos e pela Europa Ocidental. Jafa, e não Jerusalém, era o principal centro cultural da Palestina, e o crescente sentimento de identidade da população árabe refletia-se, por exemplo, no título e no conteúdo de um jornal: Falastin ("Palestina").

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Salônica viu-se aprisionada em meio à desintegração do Império Otomano; a cidade encontrou-se inclusive na linha de frente a partir de 1915, após a chegada de tropas britânicas e francesas que esperavam apoiar os exércitos sérvios que estavam lutando contra a Áustria (uma esperança a que renunciaram em seguida); os Aliados montaram acampamento em Salônica e arredores, uma área que os ingleses chamavam de "a gaiola de pássaros". A presença dos Aliados teve consequências políticas desestabilizadoras: o Reino Unido e a França, dando seu apoio a Venizelos em seu confronto com o rei da Grécia, acentuaram o cisma existente na política grega; em 1916, após a chegada de Venizelos a Salônica, houve combates entre os monarquistas e os venizelistas, enquanto os Aliados capturavam alguns navios da Marinha Real Helênica. Mais tarde, após o grande incêndio de 1917 e o fim da guerra, Salônica atraiu a atenção dos governos turco e grego, devido à grande quantidade de população muçulmana que permaneceu na cidade: em julho de 1923, em Salônica ainda viviam uns 18.000 muçulmanos. Vindos da Turquia, um milhão de cristãos chegaram à Grécia, refugiados da guerra que havia destruído Esmirna, e depois deles, aqueles que foram posteriormente expulsos sob a cláusula da troca de população estabelecida no tratado assinado em Lausanne, 92.000 que seriam instalados em Salônica. A cidade e as áreas rurais ao redor foram esvaziadas de muçulmanos, e os cristãos da Ásia Menor se instalaram nas casas e terras abandonadas pelos turcos, ou em áreas reconstruídas após o incêndio. É irônico que os habitantes de Salônica tenham descoberto que muitos dos refugiados da Anatólia falavam turco; a marca de identidade desses refugiados era a igreja grega, e não o idioma grego, e seus costumes dificilmente diferiam dos costumes dos turcos muçulmanos entre os quais tinham vivido nos últimos novecentos anos.

domingo, 2 de setembro de 2018

The outline of History

Trechos de The Outline Of History (1920), de H.G. Wells.


THE INTERNATIONAL CATASTROPHE OF 1914

For thirty-six years after the Treaty of San Stefano and the Berlin Conference, Europe maintained an uneasy peace within its borders; there was no war between any of the leading states during this period. They jostled, browbeat, and threatened one another, but they did not come to actual hostilities. There was a general realization after 1871 was a much more serious thing than the professional warfare of the eighteenth century, an effort of peoples as a whole that might strain the social fabric very severely, an adventure not to be rashly embarked upon. The mechanical revolution was giving constantly more powerful (and expensive) weapons by land and sea, and more rapid methods of transport; and making it more and more impossible to carry on warfare without a complete dislocation of the economic life of the community. Even the foreign offices felt the fear of war.

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The new Germany, which was embodied in the empire that had been created at Versailles, was a complex and astonishing mixture of the fresh intellectual and material forces of the world, with the narrowest political traditions of the European system. She was vigorously educational; she was by far the most educational state in the world; she made the educational pace for all her neighbors and rivals. [...] And Germany took up the organization of scientific research and of the application of scientific method to industrial and social development with such a faith and energy as no other community had ever shown before. Throughout all this period of the armed peace she was reaping and sowing afresh and reaping again the harvests, the unfailing harvests, of freely disseminated knowledge. She grew swiftly to become a great manufacturing and trading power; her steel output outran the British; in a hundred new fields of production and commerce, where intelligence and system was of more account than mere trader's cunning, in the manufacture of optical glass, of dyes and of a multitude of chemical products and in endless novel processes, she led the world.

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In the head of this fine new modern state, therefore, there sat no fine modern brain to guide it to world predominance in world service, but an old spider lusting for power. Prussianized Germany was at once the newest and the most antiquated thing in Western Europe. She was the best and the wickedest state of her time.

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The old German nations, and particularly the Bavarians, refused to be swallowed up in Prussianism. And with the spread of education and the rapid industrialization of Germany, organized labour developed its ideas, and a steady antagonism to the military and patriotic clattering of its ruler. A new political party was growing up in the state, the Social Democrats, professing the doctrines of Marx.

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Throughout the period of the armed peace Germany was making the pace and setting the tone for the rest of Europe. The influence of her new doctrines of aggressive imperialism was particularly strong upon the British mind, which was ill equipped to resist a strong intellectual thrust from abroad. [...] The old tradition of the English, the tradition of plain statement, legality, fair play, and a certain measure of republican freedom had faded considerably during the stresses of the Napoleonic wars. [...] Under the spell of Disraeli's Oriental imagination, which had made Queen Victoria "empress", the Englishman turned readily enough towards the vague exaltations of modern imperialism.

The perverted ethnology and distorted history which was persuading the mixed Slavic, Keltic, and Teutonic Germans that they were a wonderful race apart, was imitated by English writers who began to exalt a new ethnological invention, the "Anglo-Saxon". This remarkable compound was presented as the culmination of humanity, the crown and reward of the accumulated effort of Greek and Roman, Egyptian, Assyrian, Jew, Mongol, and such-like lowly precursors of its white splendor. The senseless legend of German superiority did much to exacerbate the irritations of the Poles in Posen and the French in Lorraine. The even more ridiculous legend of the superior Anglo-Saxon did not merely increase the irritations of English rule in Ireland, but it lowered the tone of British dealings with "subject" peoples throughout the entire world.

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All Europe still remembers the strange atmosphere of those eventful sunny August days, the end of the Armed Peace. For nearly half a century the Western world had been tranquil and had seemed safe. Only a few middle-aged and ageing people in France had had any practical experience of warfare. The newspapers spoke of a world catastrophe, but that conveyed very little meaning to those for whom the world had always seemed secure, who were indeed almost incapable of thinking of it as otherwise than secure. In Britain particularly for some weeks the peacetime routine continued in a slightly dazed fashion. It was like a man still walking about the world unaware that he has contracted a fatal disease, which will alter every routine and habit in his life. People went on with their summer holidays; shops reassured their customers with the announcement "business as usual". There was much talk and excitement when the newspapers came, but it was the talk and excitement of spectators who have no vivid sense of participation in the catastrophe that was presently to involve them all.

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Whereas this war after fifty years of militarism was a hopelessly professional war; from first to last it was impossible to get it out of the hands of the regular generals, and neither the German nor allied headquarters was disposed to regard an invention with toleration that would destroy their traditional methods.

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Behind this front the whole life of the belligerent nations was being turned more and more to the task of maintaining supplies of food, munitions, and, above all, men to supply the places of those who day by day were killed or mangled.

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In London the armistice was proclaimed about midday on November 11th. It produced a strange cessation of every ordinary routine. Clerks poured out of their offices and would not return, assistants deserted their shops, omnibus drivers and the drivers of military lorries set out upon journeys of their own devising with picked-up loads of astounded and cheering passengers going nowhere in particular and careless whither they went. Vast vacant crowds presently choked the streets, and every house and shop that possessed such adornments hung out flags. When night came, many of the main streets, which had been kept in darkness for many months because of the air raids, were brightly lit. It was very strange to see thronging multitudes assembled in an artificial light again. Every one felt aimless, with a kind of strained and aching relief.

It was over at last. There would be no more killing in France, no more air raids and things would get better. People wanted to laugh, and weep and could do neither. Youths of spirit and young soldiers on leave formed thin noisy processions that shoved their way through the general drift, and did their best to make a jollification. A captured German gun was hauled from the Mall, where a vast array of such trophies had been set out, into Trafalgar Square, and its carriage burnt.

Squibs and crackers were thrown about. But there was little concerted rejoicing. Nearly everyone had lost too much and suffered too much to rejoice with any fervor.

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It was a world dazed and stunned. German militarist imperialism had been defeated, but at an overwhelming cost. It had come very near to victory. Everything went on, now that the strain of the conflict had ceased, rather laxly, rather weakly, and with a gusty and uncertain temper. There was a universal hunger for peace, a universal desire for the lost safety and liberty and prosperity of pre-war times, without any power of will to achieve and secure these things.

Just as with the Roman Republic under the long strain of the Punic War, so now there had been a great release of violence and cruelty, and a profound deterioration in financial and economic morality. Generous spirits had sacrificed themselves freely to the urgent demands of the war, but the sly and base of the worlds of business and money had watched the convulsive opportunities of the time and secured a firm grip upon the resources and political power of their countries. Everywhere men who would have been regarded as shady adventurers before 1914 had acquired power and influence while better men toiled unprofitably. Such men as Lord Rhondda, the British food controller, killed themselves with hard work, while the war profiteer waxed rich and secured his grip upon press and party organization.

In the course of the war there had been extraordinary experiments in collective management in nearly all the belligerent countries. It was realized that the common expedients of peacetime commerce, the haggling of the market, the holding out for a favorable bargain, were incompatible with the swift needs of warfare. Transport, fuel, food supply, and the distribution of the raw materials not only of clothing, housing, and the like but of everything needed for war munitions, had been brought under public control. No longer had farmers been allowed to under-farm; cattle had been put upon deer parks and grasslands ploughed up, with or without the owner's approval. Luxury building and speculative company promotion had been restrained. In effect, a sort of emergency socialist state had been established throughout belligerent Europe. It was rough-and-ready and wasteful, but it was more effective than the tangled incessant profit seeking, the cornering and forestalling and incoherent productiveness of "private enterprise".

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In Great Britain, there was created a Ministry of Reconstruction, which was understood to be planning a new and more generous social order, better labour conditions, better housing, extended education, a complete and scientific revision of the economic system. Similar hopes of a better world sustained the common soldiers of France and Germany and Italy. It was premature disillusionment that caused the Russian collapse, so that two mutually dangerous streams of anticipation were running through the minds of men in Western Europe towards the end of the war. The rich and adventurous men, and particularly the new war profiteers, were making their plans to prevent such developments as that air transport should become a state property, and to snatch back manufactures, shipping, land transport, the public services generally, and the trade in staples from the hands of the commonweal into the grip of private profit; they were securing possession of newspapers and busying themselves with party caucuses and the like to that end. [...] [1919] The common man felt he had been cheated. There was to be no reconstruction, but only a restoration of the old order - in the harsher form necessitated by the poverty of the new time.

For four years the drama of the war had obscured the social question, which had been developing in the Western civilizations, throughout the nineteenth century. Now that the war was over, this question reappeared gaunt and bare, as it had never been seen before.

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"The Paris of the Conference", says Dr. Dillon, "ceased to be the capital of France. It became a vast cosmopolitan caravanserai teeming with unwanted aspects of life and turmoil, filled with curious samples of the races, tribes, and tongues of four continents that came to watch and wait for the mysterious tomorrow. [...]

Chinamen, Japanese, Koreans, Hindus, Kirghizes, Lesghieus, Cireassians, Mingrelians, Buryats, Malays, and Negroes and Negroids from Africa and America were among the tribes and tongues foregathered in Paris to watch the rebuilding of the political world system and to see where they 'came in'."

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The failure to produce a more satisfactory world settlement in 1919-20 was, we have suggested, a symptom of an almost universal intellectual and moral lassitude resulting from the overstrain of the Great War. A lack of fresh initiative is characteristic of a fatigue phase; everyone, for sheer inability to change, drifts on for a time along the lines of mental habit and precedent.

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He [Lord Peel, at the Royal United Service Institution in London one day in December, 1919] is describing, with a certain subdued enthusiasm, the probable technical developments of military method in the "next war".

Outside, through the evening twilight of Whitehall, flows the London traffic, not quite so abundant as in 1914, but still fairly abundant; the omnibuses all overcrowded because there are now not nearly enough of them, and the clothing of people generally shabbier. Some little way down Whitehall is a temporary erection, the Cenotaph, with its base smothered with a vast pathetic heap of decaying wreaths, bunches of flowers, and the like, a cenotaph to commemorate the eight hundred thousand young men of the Empire who have been killed in the recent struggle. A few people are putting fresh flowers and wreaths there. One or two are crying.

[...] Regent Street, Oxford Street, and Bond Street are bright with shoppers and congested with new automobiles.

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Europe is bankrupt, and people's pockets rustle with paper money whose purchasing power dwindles as they walk about with it.


Mais:
http://docs.google.com/file/d/0BxwrrqPyqsnIZ3Y3QXFMZHkzVDQ
http://www.youtube.com/watch?v=i3eDp3weMAw